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Sommaire:
Editorial L'insertion des PECO dans la triade économique Le parcours du combattant du thésard Vent de cultures |
La bouteille à la mer Comme le petit poucet, le DEA mutations économiques dans les pays de l'Est a décidé de semer des cailloux afin de ne pas perdre la trace des anciens élèves. Parallèlement à la mise en place d'une association et d'un site sur Internet (code d'accès), nous avons souhaité réaliser un bulletin dans lequel chacun d'entre nous est invité à s'exprimer. L'idée de cette publication est de garder le contact et d'établir un pont entre les différentes promotions pour échanger nos réflexions et nos expériences sur un thème qui nous est cher : les pays de l'Est. Certains ont en effet envie de donner leur point de vue sur les évolutions de ces pays près de dix ans après le début de la transition, de réagir sur ce qui est lu ou dit ici ou là ou de valoriser leurs travaux effectués sur le sujet. D'autres seront peut-être plus inspirés par la possibilité de laisser libre cours à leurs propos sur des points liés à un passé plus ou moins proche qui nous est commun : les cours, les profs, la vie du DEA... Tous, nous avons sans doute à cœur de partager nos enthousiasmes, nos espoirs ou nos colères. Toutes les propositions sont les bienvenues pour faire vivre cet instrument de liaison que nous voulons le plus ouvert possible. Du sérieux donc, mais aussi une certaine dose de fantaisie et d'humour ponctueront nos rendez-vous réguliers. C'est pourquoi, dans ce premier numéro, rédigé par quelques moines-soldats, nous alternons papiers d'analyses et de divertissement en commençant comme il se doit au pays de Pantagruel et de Gargantua par une rubrique gastronomique... aux saveurs orientales. La structure des numéros n'a rien de définitif. Nous attendons vos remarques et vos suggestions pour lui apporter un peu plus de piment... ou de raison. Nous comptons en tout cas sur vous pour récupérer cette bouteille que nous jetons à la mer. [Retour au Sommaire] L’insertion des PECO dans la triade économique. L'emploi du terme de "globalisation" [Porter, 1986], afin de décrire la mondialisation de l'économie , fait souvent oublier que c’est un phénomène essentiellement intra-triadique regroupant les Etats-Unis, le Japon et l’Union Européenne [Ohmae, 1985] . Dans ce cadre d'analyse, Ohmae (1985) précise que le "seul espoir" d'un pays en développement est de se hisser au statut de membre associé, même périphérique, d'un des trois pôles. Par "seul espoir", il entend l'espérance d'un développement économique. Les PECO adhèrent-ils à ce cas de figure ? Se hissent-ils au statut de membre associé, même périphérique, de la triade ? Notre sentiment est qu’il se forme en Europe de l’Est un "sous-espace" ou une "zone de rivalité" au sein de l'oligopole mondial. Par oligopole mondial on "se réfère au mode d'organisation des relations entre les très grandes firmes" [Chesnais, 1994]. Ces très grandes firmes sont activement présentes dans les PECO. Sur les 30 groupes non financiers les plus internationalisés, en 1990, une grande majorité est présente dans les PECO.. Ce "sous-espace", composé dans sa forme la plus réduite de la République tchèque, de la Pologne et de la Hongrie , tend à s'intégrer à l'un des pôles de la triade, comme en témoignent leur statut de membre associé à l’UE ou leur récente adhésion à l'OCDE . La Hongrie semble ainsi être le cas type d'un pays membre associé à la triade dont l'économie tend à s'internationaliser, à se multinationaliser. Cette association va-t-elle lui être bénéfique ? Génère-t-elle ou va-t-elle générer le développement économique escompté ? Rien n’est moins clair. On peut ainsi logiquement se demander si les attentes découlant de cette intégration peuvent être satisfaites dans le contexte d'une domination trop criante des firmes multinationales (FMN). La multinationalisation des PECO est un phénomène inéluctable porteur d’impacts aussi bien positifs que négatifs. Par exemple, les stratégies des investisseurs étrangers en Hongrie, quant à la restructuration des firmes, sont plutôt diverses. Certains n’ont entamé aucune réorganisation pour améliorer la performance de l'entreprise, et prélèvent une part importante du profit, souvent plus que la part investie, qu’ils rapatrient ensuite dans leur pays d’origine. A l’inverse, d’autres ont commencé à restructurer l'entreprise, en développant de nouvelles activités, en réorganisant l’appareil productif, etc. Par ailleurs, la concurrence qu'elle provoque sur le marché national peut freiner le potentiel de développement et de modernisation des entreprises locales. Certains effets bénéfiques attendus de l'intégration n'ont pas encore eu lieu, comme l'attente d'un accroissement de la dépense en Recherche et Développement (R&D) des firmes à capitaux étrangers afin de compenser la baisse de la R&D des entreprises hongroises [Farkas, 1997]. Les diverses aides financières, exemptions de taxes, d’impôt, accordées par l’Etat aux firmes multinationales sont autant de facteurs qui contrebalancent les effets positifs de leur insertion. La multinationalisation des économies est-europénnes doit donc être encadré, canalisé, guidé. Alors, seul un pouvoir de négociation plus fort permettra de canaliser ce phénomène d'intégration et d'en tirer un impact positif. Dans cette optique il ne faut pas oublier que cette zone de rivalité, en tant qu'espace associé à la triade, ne peut être négligée, laissée pour compte. Les FMN se voient, pour diverses raisons, "contraintes" d'y investir. Ces raisons tiennent notamment aux effets de préemption de marché, à l'établissement de barrière à l'entrée, etc., qui favorisent les premiers entrants. On décèle alors un phénomène de cycle qui attirent les divers concurrents. Dans une première phase certaines firmes investissent, ce qui attirent d'autres investisseurs dans le cycle suivant et ainsi de suite. Ce mécanisme automatique associé à une certaine forme de contrainte accroît le pouvoir de négociation des gouvernements. L'insertion des PECO dans la triade économique semble un moyen privilégié pour faciliter la restructuration et le développement de leur économie à condition que ce phénomène soit encadré. Andreff, W. (1996). Les Multinationales globales. Paris, La Découverte, coll. Repères. [Retout au Sommaire] Le parcours du combattant du thésard : Mise en garde aux futurs doctorants. Par Frédérique Charpiot-Michaud Le chemin qui mène au grade de docteur ès sciences économiques est long et semé d’embûches. Un vrai parcours du combattant dont il vaut mieux connaître les règles avant de s'y engager. Or c'est bien là le problème : le jeune diplômé de DEA qui pense commencer une thèse ignore généralement tout des us et coutumes universitaires. Les conseils d'un ancien combattant ne seront donc pas complètement inutiles. Le parcours du combattant doctoral nécessite de nombreuses hypothèses et conditions. Première condition : Le postulant a réussi son DEA. Mais voici déjà la première restriction : il faut que ce soit à la session de septembre, sinon il a déjà raté les dates de demande d'allocation. Deuxième condition : Sine qua non celle-ci : décrocher une allocation.~ certains thésards débutent un doctorat sans financement mais combien arrivent au bout ? Car il faut le savoir, écrire une thèse coûte cher ... et ça dure au moins trois ans ! Donc à moins de disposer d'un pont de prédilection sous lequel dormir, ou de gagner au loto en cours de route (une chance sur 14 millions de tirer les 6 bons numéros, rappelons-le), ou d'avoir le compte en banque de papa-maman comme base arrière, mieux vaut s'abstenir. Pour décrocher l'allocation de DEA c'est simple : il suffit d'être premier. Mais attention à l’embûche : premier sur la liste du DEA soumise au ministère, ce qui n'est pas forcément la même chose que d'être premier en nombre de points. Ce serait trop transparent ! Admettons que vous soyez le nouvel allocataire du millésime. Bravo. Mais les réjouissances ne font que commencer. Il vous faut un sujet et un directeur de thèse ainsi qu'un labo. En général ça se fait plus ou moins naturellement, en fonction du s~ du DEA. En réalité, il devrait y avoir une stratégie machiavélique à l'arrière. Etes-vous sûr que votre labo est important, qu'il a des moyens financiers, que votre directeur est influent et surtout qu'il a du temps pour ses thésards ? Si vous trouvez cette perle, foncez ... et donnez-moi son adresse ! Bon. Vous avez l'allocation, le sujet, le labo, le directeur. Au fait : votre labo et votre directeur pourront-ils vous ouvrir les voies universitaires ? En clair : êtes-vous main stream ? Hétérodoxes s'abstenir, faute de se voir fermer les portes universitaires au moment du recrutement des maîtres de conférences (mais ceci est une autre histoire que Tante Ancienne Combattante vous racontera au prochain numéro). Donc, pour être encore plus clair mieux vaut avoir un sujet sur l'économétrie des taux de change (qu'est-ce ?) plutôt que sur le rôle de l'État dans la transition. Imaginons que toutes les conditions précédentes soient remplies. Il ne vous reste plus qu'à écrire votre thèse, soit entre 350 et 500 pages en statistiquement 3,8 ans. Alors bon courage et rassurez-vous : on ne parlera pas de l'après-thèse aujourd'hui pour ne pas vous décourager ... Une amie qui vous veut du bien [Retout au Sommaire] Vents de cultures De par une très longue tradition d'accueil et d'échanges, la France et tout particulièrement l'agglomération de Paris a constitué et représente toujours un pôle d'attraction des populations Est-européennes, Asiatiques... Par leur intermédiaire, celles-ci nous ont transmis leurs traditions populaires incarnées dans le folklore, le théâtre, la littérature, la gastronomie... S'il est vrai que rien ne peut remplacer un voyage sur place, nous nous proposons dans cette rubrique générique de " Vents d'Est " une découverte de ce monde qui peut-être vous est inconnu et qui, nous espérons, s'avérera des plus enrichissantes. Pour ce premier numéro, ce sont vos papilles qui vont faire la fête. Alléchant... Russie LA CANTINE RUSSE (16e) 26, av. de New-York Tél : 01 47 20 65 17 Pour le décor et le prix. L’HERITAGE (1er ) 94, rue St-Honoré Tél : 01 42 21 30 02 Restau Franco-russe menus à 100-150 Frs. Pologne L’AUBERGE POLONAISE (17e) 2, rue Beudant Cuisine familiale et très petits prix. POLSKA (1er) 263 bis, rue St Honoré Tél : 01 42 60 43 33 Pour le cadre (ancienne crypte), la cuisine simple mais exquise, et les prix administrés. Réservez. Corée ODORI (15e) 18, rue Letellier Tél : 01 45 77 88 12 Cuisine traditionnelle, fine et forte. Comptez 150-200 Frs. KOREAN BARBECUE (14e) 39, rue Montparnasse Tél : 01 43 27 69 53 Goûtez la spécialité : le grill de fines tranches de bœuf, mmm... Croatie LE TORCIDA (20e) 73, rue de Bagnolet Tél : 01 43 70 70 47 Le seul bar croate de Paris. On peut déjeuner. Yougoslavie A LA VILLE DE BELGRADE (10e) 153, Quai de Valmy Tél : 01 46 07 60 93 Le plus ancien des restaus Yougoslaves de Paris. Soirées musicales le week-end. Bulgarie CHEZ SIMO (18e) 59, rue Myrha Tél : 01 42 64 23 36 Cuisine traditionnelle pour 100 Frs. République Tchèque et Slovaquie DOLINA LESAK (92) 5, rue Molière Boulogne-Billancourt Tél : 01 46 21 34 43 Café-restaurant à prix mini, mais il faut réserver pour manger Tchèque ou Slovaque. Cuba MONTECRISTO CAFE (8 e) 63, av. des Champs-Elysées Tél : 01 45 62 30 46 Boîte néocubaine, restau et café branché. Bon rapport qualité / ambiance / prix pour le menu à 130 frs. Au sous-sol, bar à cockails et salsa à gogo. SON CUBANOS (2e) 13, rue du Croissant Tél : 01 40 13 05 37 Nouveau restau, authentique et intimiste. Son Cubanos est l’antithèse du Montecristo. Notre conseil : essayez les deux ! Roumanie L’ATHANOR (12e) 4, rue Crozatier Tél : 01-43-44-49-15 Spécialités de poissons. A déguster. Europe Centrale FINKELSZTALJN (4e) 27, rue des Rosiers Tél : 01 42 72 78 91 Epicerie fine et pâtisserie. Mélange de cuisines Slave, Hongroise et Juive. COMESTIBLES RONALBA (10e) 58-60, rue du Fbg St Denis Tél : 01 47 70 98 38 Spécialités d’Europe Centrale et Balkanique. Prix attractifs. Dans le prochain numéro, un aperçu des événements culturels de l’Automne-Hiver. [Retout au Sommaire] |